Appel à candidature – Thèse de doctorat (36 mois)
Impact des champs magnétiques artificiels sur le développement, le comportement et la physiologie de la seiche commune (Sepia officinalis)
Laboratoire
d’accueil : UMR CEEC (Centre d’Etude en Ethologie et Cognition), CNRS -
Université de Caen Normandie - Université de Rennes
Dans le cadre du projet MOBIDIC (2026–2029)
Début de thèse : 1er octobre 2026
Contexte scientifique
Le
développement de l’éolien offshore constitue un enjeu majeur de la
transition énergétique. Cependant, les infrastructures associées,
notamment les réseaux de câbles sous-marins, génèrent des champs
électromagnétiques (CEM) susceptibles d’interagir avec les organismes
marins. Les connaissances sur les effets biologiques de ces champs
restent encore limitées, en particulier chez les mollusques.
Le projet MOBIDIC (« Magnetic fields and mOllusc BIoDiversity in the sea – understanding the Impacts of offshore wind farms in the Channel »)
vise à comprendre les effets des champs magnétiques produits par les
parcs éoliens offshore sur deux espèces modèles d’intérêt écologique et
économique : la seiche commune (Sepia officinalis) et l’huître creuse (Magallana gigas).
Dans
ce cadre, la thèse portera sur les réponses développementales,
comportementales, physiologiques et moléculaires de la seiche commune
exposée à des champs magnétiques artificiels reproduisant les conditions
rencontrées à proximité des câbles sous-marins des parcs éoliens
offshore.
Objectifs de la thèse
L’objectif général est
d’évaluer l’impact des champs magnétiques artificiels sur différents
traits de vie de la seiche commune à travers une approche intégrative
allant du comportement à la biologie moléculaire.
Le doctorant ou la doctorante contribuera principalement aux tâches suivantes du WP2 :
1. Développement embryonnaire et performances des nouveau-nés
Des
pontes de seiches seront exposées à différents niveaux de champ
magnétique durant toute la période embryonnaire. Les travaux viseront à :
- caractériser les effets des traitements sur le développement embryonnaire ;
- évaluer le succès d’éclosion et l’apparition éventuelle d’anomalies morphologiques ;
- mesurer les réponses sensorielles des embryons en fin d’incubation ;
- étudier
les capacités comportementales des nouveau-nés (activité, occupation de
l’espace, comportements défensifs, adaptations chromatiques) ;
- participer aux analyses transcriptomiques permettant d’identifier les mécanismes moléculaires associés aux réponses observées.
2. Effets d’expositions transitoires chez les juvéniles
Les juvéniles seront soumis à des expositions courtes à différents niveaux de champ magnétique afin d’évaluer :
- leurs comportements locomoteurs, alimentaires et défensifs ;
- leur activité métabolique par respirométrie ;
- leur préférence éventuelle pour différentes intensités de champ magnétique ;
- l’activation cérébrale et les modifications de l’expression génique associées à l’exposition ;
- les mécanismes épigénétiques potentiellement impliqués dans ces réponses.
3. Relations prédateur–proie et détection sensorielle
La
thèse explorera également l’hypothèse selon laquelle les champs
électromagnétiques artificiels pourraient perturber les mécanismes
sensoriels utilisés par les jeunes seiches pour détecter leurs proies
benthiques.
Des dispositifs expérimentaux innovants combinant
suivi comportemental automatisé et génération contrôlée de champs
électromagnétiques seront développés afin d’évaluer :
- les comportements de recherche alimentaire ;
- les seuils de perturbation des capacités de détection des proies ;
- les conséquences potentielles sur l’acquisition des comportements alimentaires.
Approches et méthodes
La
thèse reposera sur une approche intégrative combinant expérimentations
contrôlées, analyses comportementales automatisées, et mesures
physiologiques afin d’évaluer les effets de champs magnétiques
artificiels sur le développement embryonnaire, les capacités adaptatives
et les comportements alimentaires de la seiche commune. Les expositions
seront réalisées à différents niveaux de champ magnétique reproduisant
les conditions rencontrées à proximité des câbles sous-marins des parcs
éoliens offshore.
Les expérimentations seront réalisées au Centre
de Recherche en Environnement Côtier (CREC, Luc-sur-Mer) et dans les
plateformes expérimentales de l’Université de Caen Normandie.
Profil recherché
Le ou la candidate devra être titulaire d’un Master 2 ou diplôme équivalent en :
- biologie animale ;
- éthologie ;
- neurosciences ;
- écologie comportementale ;
Les compétences suivantes seront particulièrement appréciées :
- intérêt marqué pour le comportement animal ;
- expérience avec des espèces aquatiques ;
- expérience en expérimentation biologique ;
- capacités d’analyse quantitative et statistique ;
- goût pour le travail interdisciplinaire ;
- bonnes capacités rédactionnelles en français et en anglais ;
Environnement scientifique
La
thèse sera réalisée au sein de l’UMR CEEC (Université de Caen
Normandie) en interaction étroite avec plusieurs partenaires du projet
MOBIDIC : MERSEA, BiOSSE, GREYC, IFREMER et TBM Environnement. Le
doctorant ou la doctorante intégrera un consortium pluridisciplinaire
associant écologues, éthologues, biologistes moléculaires,
bioinformaticiens et spécialistes des énergies marines renouvelables.
Candidature
Les candidats devront transmettre au plus le 16 juin 12h :
- un CV détaillé ;
- une lettre de motivation ;
- les relevés de notes de Master ;
- les coordonnées de deux référents académiques.
Les auditions en visio seront organisées après présélection des dossiers à partir du 22 juin 2026.
Contacts scientifiques :
- Anne-Sophie Darmaillacq (UMR CEEC)
- Cécile Bellanger (UMR CEEC)
- Ludovic Dickel (UMR CEEC, coordinateur du projet MOBIDIC)