Stage Master 2, université Lyon 1, 2027
Etude de l’efficacité des pièges photographiques pour l’inférence des interactions comportementales spatio-temporelles entre espèces, à partir de modèle de simulations individu-centré.
Les pièges photographiques sont un outil de suivi des grandes espèces de mammifères connaissant un attrait grandissant ces deux dernières décennies. Historiquement utilisées pour estimer la distribution spatiale à l’échelle du paysage, ou encore le rythme d’activité circadien, d’une espèce à la fois, les observations issues des pièges photos ont également permis d’inférer les interactions entre deux espèces (attraction, évitement, neutralité) à partir de leur degré de chevauchement spatial ou temporel. Cela a permis d’identifier des phénomènes de co-occurrence ou de partitionnement spatiaux et temporelles difficilement observables auparavant. Cependant, les mécanismes d’interactions à plus fine échelle spatio-temporelle sont bien plus difficiles à capturer, notamment chez les grands mammifères sauvages. Récemment, de nouvelles approches méthodologiques ont vu le jour afin de décrire la co-occurrence proximale qui répond à la question suivante : est-ce que la présence d’une première espèce à un endroit et un instant donné entraîne l’évitement/l’attraction de ce même endroit pendant une certaine période d’une seconde espèce ? Dans ce cadre, les principales méthodes développées utilisent l’historique des observations des pièges photographiques, et plus précisément l’intervalle de temps entre deux observations consécutives de deux espèces différentes. Cependant, ces méthodes reposent sur l’hypothèse forte que les pièges photographiques capturent suffisamment d’information pour estimer précisément et sans biais cette co-occurrence proximale. Cette hypothèse n’a jamais été testée à ce jour. Pourtant, les pièges photographiques permettent d’observer seulement une très petite proportion du paysage, du fait de leur champ de vision limité, et capture ainsi une fraction infime de la trajectoire des individus dans le temps et l’espace.
Objectifs du stage. L’enjeux de ce stage sera de tester l’efficacité des pièges photographiques pour estimer les interactions de co-occurrence proximale entre deux espèces. Pour ce faire, l’étudiant recruté devra développer un modèle de simulation individu-centré, spatialement explicite, mettant en jeu deux espèces en interaction ou non dans un paysage. La composante biologique sera représentée par des paramètres écologiques fondamentaux (mouvement, capacité de détection, dépôt de traces etc.) et la composante observationnelle par un cadrillage de pièges photographiques enregistrant le passage d’un individu dans leur champ de détection. Une recherche dans la littérature scientifique devra être effectuée afin de définir les paramétrages des simulations. Ces modèles serviront par la suite à comparer les patrons d’interaction paramétrés (attraction, évitement) à ceux inférés à partir d’approches statistiques récentes, en utilisant les historiques d’observations simulés.
Profil recherché. Formation de niveau Master 2 en écologie ou biostatistiques. Profil mathématique/informatique apprécié si intérêt pour la programmation et l’écologie. Motivation pour le travail uniquement sur ordinateur, compétences en programmation souhaitées (compétences en analyse statistique appréciées), connaissances sur l’écologie des communautés et écologie comportementale, qualité relationnelle et rédactionnelle recherché, autonomie, rigueur, écoute et force de proposition très appréciés
Durée : 5 mois - date de démarrage ajustable (mars 2025 au plus tard). Indemnisation de stage (Gratification légale, temps plein)
Lieu. Le stage se déroulera au Laboratoire d'Ecologie des Hydrosystèmes Naturels et Anthropisés :
CNRS, UMR 5023 – LEHNA. 3-6, rue Raphaël Dubois - Bâtiments Darwin C & Forel, 69622 Villeurbanne Cedex
43, Boulevard du 11 novembre 1918
Encadrement
• Nicolas Ferry, Chercheur post-doctorant, Lyon 1 Université Claude Bernard · CNRS UMR 5023 LEHNA
• François-Xavier Dechaume-Moncharmont, Professeur des Universités, Lyon 1 Université Claude
Bernard · CNRS UMR 5023 LEHNA
Contact : nicolas.ferry@univ-lyon1.fr