jeudi 22 avril 2010

Offre de thèse, INRA-Nouzilly

OCYTOCINE ET ATTACHEMENT SOCIAL CHEZ LE JEUNE : ROLE DANS L’APAISEMENT INDUIT PAR LA PRESENCE DE LA MERE

Directeur de thèse : Raymond NOWAK

Equipe « Comportement, Neurobiologie, Adaptation »
Laboratoire de Physiologie de la Reproduction & des Comportements
UMR 6175 INRA/CNRS/Université de Tours/Haras Nationaux
INRA – Centre de Tours
37380 Nouzilly

Le comportement social des ovins se caractérise par l’existence de relations affiliatives fortes. Celles-ci ont surtout été décrites dans le cadre de la relation mère-jeune mais aussi dans la relation homme-animal, ou de la relation entre adultes. Ces relations affiliatives se caractérisent entre autres par (1) un lien particulier avec un individu (préférence pour la figure d’attachement), (2) vers qui des comportements spécifiques sont exprimés (recherche de contact), (3) un état de calme en présence du partenaire (accalmie), (4) un état d’agitation en son absence (détresse).

Parmi les différents facteurs physiologiques et neurobiologiques influençant les réponses d’attachement entre deux partenaires, l’ocytocine focalise actuellement la communauté scientifique. Cette molécule, secrétée par une structure cérébrale, l’hypothalamus, est impliquée dans les relations sociales (entre partenaires sexuels, entre la mère et l’enfant, entre partenaires sociaux) et qui est connu pour induire l’apaisement, voire la confiance envers autrui. Ce peptide fait l’objet de synthèses bibliographiques nombreuses et de spéculations sur les bases de l’attachement chez les humains, le réconfort de la rencontre, l’accalmie de la réunion, et les effets anti-stress des caresses. On suspecte même que c’est un dérèglement du système ocytocinergique qui serait à la base de certains troubles comportementaux infantiles liés à la maltraitance, de l’instabilité sociale chez les bébés abandonnés à la naissance et élevés en orphelinat, ou encore des problèmes de communication sociales chez les enfants atteints de certaines formes d’autisme.

Bien que la littérature concernant les relations dites affiliatives soit particulièrement abondante, il existe peu d’exemples relatifs à l’attachement du jeune vers sa mère (contrairement à l’attachement maternel). Les caractéristiques comportementales des ovins en font un modèle d’exception puisque les agneaux développent très tôt une relation préférentielle avec leur mère. L’objectif du travail de thèse est d’explorer l’implication de l’ocytocine dans l’attachement filial.

Cette analyse s’appuiera sur une approche multidisciplinaire et aura pour objectif de mesurer les variations physiologiques et neurobiologiques concomitantes aux variations comportementales révélatrices d’apaisement induit spécifiquement par la présence maternelle. Le programme de thèse reposera sur l’utilisation de différentes approches : comportement, dosages hormonaux, immunocytochimie, microscopie, imagerie cellulaire. Un travail plus exploratoire cherchera à cartographier le système ocytocinergique dans le cerveau des agneaux à travers l’imagerie cérébrale fonctionnelle (gamma-scintigraphie).

Profil du candidat : M2 en biologie du comportement avec de bonnes connaissances en physiologie, neuroendocrinologie, neurobiologie. Forte motivation nécessaire (travail en horaires décalés possible).

Contact : Raymond.Nowak@tours.inra.fr